Voyage dans le temps sur le Wild Atlantic Way

Bunratty Castle, County Clare
Bunratty Castle, County Clare

Avez-vous déjà rêvé de remonter le temps ? Nous avons une bonne nouvelle pour vous. C'est possible, il faut juste savoir où chercher.

Les voyages dans le temps sont juste un fantasme, pas vrai ? Faux. Si vous le souhaitez, vous pouvez faire un bond dans le passé, dès aujourd'hui sur le Wild Atlantic Way.

Vous ne nous croyez pas, c'est ça ? Eh bien, pour le prouver, voici cinq lieux où le passé est bien présent.

Prochaine escale, le Wild Atlantic Way d'hier.

Lieu : le château de Bunratty

Époque : XIXe siècle

Détails : Des cendres de l'histoire souvent brutale de l'Irlande au XIXe siècle a émergé une culture active de danse, de chanson et de narration. Comme si en réponse à la joie perdue pendant toutes ces années de famine et de troubles, les Irlandais recommençaient enfin à s'amuser. Rares sont les occasions de ressentir ce sentiment de joie débridée dans la culture comme celle qu'offre le spectacle des filles et garçons chantant, dansant et servant du ragoût au Corn-Barn du parc folklorique de Bunratty. Laissez la « bean an tí » (femme de la maison en gaélique irlandais) vous accueillir et sirotez votre premier verre d'hydromel avant d'être agréablement bercé par la danse irlandaise et quelques chansons.

Si le XVe siècle est plus à votre goût, traversez le pont-levis du château de Bunratty pour un banquet médiéval avec au menu : de la harpe, du violon, des joueurs de cornemuse en kilt et des travers de porc à la sauce au whiskey et au miel.

Lieu : fermes traditionnelles de Muckross, Killarney, comté de Kerry

Époque : années 1930-1940

Détails : Bienvenue dans un lieu et une époque où « le cheval régnait en maître ». Cet endroit, ce sont les fermes traditionnelles de Muckross et là-bas, l'eau ne sort plus du robinet ou d'un filtre du réfrigérateur, mais se trouve au fond d'un puits, de l'autre côté de la ferme. L'électricité n'a pas encore trouvé le chemin de la campagne, et les familles se serrent autour d'un âtre toujours allumé pour se réchauffer. Dans l'école, on entretient le feu grâce aux mottes de tourbe que les enfants doivent apporter chaque jour. En plus des canards, des cochons, des oies, des poules et des montagnes stoïques du Kerry en toile de fond, viennent s'ajouter l'atelier du charpentier, celui du forgeron, ainsi que le cottage du paysan pour compléter la communauté. Du pain complet est cuit chaque jour, et avec de la chance, il y aura des scones tout chauds en train de refroidir sur la table de la cuisine, près d'une coupelle de délicats copeaux de beurre.

Lieu : le village de la famine de Doagh, Lagacurry, Inishowen, comté de Donegal

Époque : années 1840

Détails : Plus d'un siècle avant que la famine ne décime le pays, le ministre presbytérien anglais Matthew Henry écrivit : « Ceux qui meurent de famine meurent à petit feu. » Il n'avait pas tort. On estime à un million le nombre de morts et à deux autres millions le nombre de migrants pendant la Grande Famine de 1845-1852 (ou « Górta Mór » en gaélique irlandais). Chaque once de souffrance et d'autres aperçus du quotidien sont illustrés au village de la famine de Doagh. Hantée par des silhouettes courbées et affamées, la visite vous dévoile une veillée irlandaise, un foyer de l'époque de la famine, l'école des champs (des cours basiques, sans caractère officiel, avaient lieu en plein air ou dans diverses maisons au XVIIIe et XIXe siècle en Irlande) et bien plus, tout cela sous la bienveillance des montagnes de Derryveagh.

Lieu : le musée national de la vie rurale

Époque : de 1850 à nos jours

Détails : La vie rurale en Irlande était-elle aussi poétique que nous l'imaginons ? Était-ce une succession de douces soirées où l'on effectuait le battage sous un soleil couchant et où l'on buvait du lait tout juste sorti du pis de la vache ? La vraie réponse est : pas toujours. Les difficultés de la vie rurale en Irlande, l'impressionnante habileté d'un vannier et les tragiques réalités de la vie d'une communauté de pêcheurs sont illustrées avec sensibilité au musée de la vie rurale. Dans chaque exposition (des métiers et de l'artisanat, jusqu'aux activités du foyer), on retrouve le sentiment d'une île politiquement agitée, une poudrière prête à s'embraser à la moindre étincelle.

Lieu : l'île de Great Blasket, comté de Kerry

Époque : XVIIIe et XIXe siècle

Détails : Seuls les natifs de Great Blasket ont pu réussir à mettre des mots sur la beauté de l'île. Des livres comme An t-Oileánach (L'homme des îles) de Tomás Ó Criomhthain, Fiche Bliain ag Fás (Vingt ans de jeunesse) de Muiris Ó Súilleabháin et Peig de Peig Sayers, écrits par des îliens, contribuent à garder une trace des traditions insulaires et d'un mode de vie plus simple. À quoi ressemblait cette « vie simple » ? Imaginez la chasse aux lapins, la pêche dans des curraghs (bateaux traditionnels), la pipe fumée au coin du feu (dès le début de l'adolescence), les mariages sur le « continent » (le plus souvent sur la péninsule de Dingle dans le Kerry) et les visites inopinées de marins naufragés et de leurs épaves.

En 1953, les 22 derniers habitants de cette communauté insulaire furent évacués. Aujourd'hui, il ne reste que dix personnes encore en vie à être nées sur Great Blasket. Si vous souhaitez visiter l'île et goûter, même brièvement, à l'ambiance des lieux, plusieurs compagnies de ferry se feront un plaisir de vous y emmener (des traversées ont lieu presque toute l'année, mais les conditions météorologiques peuvent modifier les horaires).

Voilà qui ressemble à une belle aventure, n'est-ce pas ? Si vous ne savez pas trop par où commencer, nous vous suggérons par ici.