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Rock irlandais : des stars authentiques

De nos jours, combien de fois entend-on les fans de musique se plaindre : « mais où sont donc passés les vrais rockeurs ? ». En 2012, le rock & roll serait-il vraiment mort ?

On n’en fait plus, le moule est cassé », voilà ce qu’on lit dans les commentaires sur les sites de partage de vidéos… Mais heureusement, il en reste quelques spécimens, et devinez donc où ! Eh bien oui, en Irlande… C’est dans notre petite île que sont nées certaines rock stars qui comptent parmi les plus influentes de la planète. Je parle là de Van Morrison, de Rory Gallagher et de Phil Lynott, qui ont tour à tour secoué les fondements de l’industrie de la musique et se sont produits en concert devant des publics d’adorateurs dans le monde entier.

Alors, oublions un instant Justin Beiber et Rihanna pour nous imprégner de rock pur et dur décliné à l’irlandaise !

Van Morrisson, ou Van the Man pour les fans

Pour Van Morrison, pas besoin de longue introduction. Distingué par le Rock and Roll Hall of Fame, en quarante ans de carrière, il a sorti 36 albums ! Ayant fait ses débuts à la même époque que les Beatles et les Rolling Stones, il n’a jamais arrêté de faire de la musique. Van compte tout simplement parmi les plus grands.

Et en plus, Van est de Belfast. Né et ayant grandi dans le comté d’Antrim, l’esprit et le caractère de la ville de Belfast vivent à travers ses chansons.

Van est, sans aucun doute, influencé par la ville dans laquelle il a grandi. Sa chanson On Hyndford Street explique pourquoi on trouve une petite plaque de cuivre sur le mur du 125 Hyndford Street, Belfast. C’est en effet dans cette petite maison mitoyenne de briques rouges, dans un quartier de l’est de la ville qu’est né George Ivan Morrison en 1945.

Durant son adolescence, Van fit plusieurs métiers, y compris laveur de vitres, dans les cités de l’est de Belfast, en fredonnant sans doute un air ou deux. Ses morceaux Cleaning Windows et St Dominic’s Preview sont clairement influencés par certains moments passés, perché en haut d’une échelle dans un quartier de Belfast.

Aujourd’hui, à l’emplacement de l’ancien Maritime Hotel de Belfast, une plaque indique que c’est à cet endroit que Van et son groupe les Them se produisirent en concert pour la toute première fois en 1964.

C’est en 1967 qu’il décide de se lancer dans une carrière solo. L’une des chansons qui définissent le mieux Astral Weeks, l’un de ses grands albums, s’intitule Cypress Avenue, morceau portant le nom d’une belle avenue des quartiers chics, bordée de grands arbres feuillus. Van se rappelle y avoir éprouvé un sentiment de paix, propice à la méditation. Les inconditionnels de Van n’hésitent pas à se déplacer jusqu’à Belfast rien que pour parcourir cette rue que l’on peut voir dans le cadre de la visite organisée du Belfast Music Tour.

On apprendra donc avec joie le retour à la scène de Van. Il donne deux concerts intimes, dans ce lieu ultra-historique qu’est l’hôtel Europa dans le cadre du 50e Festival de Belfast at Queen’s (à l’Université Queen’s de Belfast) cet automne.


Rory forever…

Je peux compter mes grands guitaristes de blues/rock préférés sur les doigts de la main et nommer Eric Clapton, Jimmy Page, Gary Moore, Jimi Hendrix ou Pete Townshend, tous dans des styles différents. Eh bien le 5e n’est autre que le grand guitariste irlandais, j’ai nommé Rory Gallagher.

Rory Gallagher et le blues s’entendent comme larrons en foire. La renommée de Rory est telle que deux comtés de l’Irlande, le comté de Donegal et le comté de Cork, se le disputent !

Rory a grandi à Ballyshannon, un petit village du Donegal. Il avait la musique dans le sang, puisque Monica, sa mère était chanteuse et Daniel, son père, jouait de l’accordéon. Quand Rory était tout petit, toute la famille prit la route du sud pour rejoindre le comté rebelle de Cork. C’est là que le talent musical de Rory s’épanouit.

Avant de s’aventurer dans une carrière solo, Rory unit ses forces avec deux autres musiciens de Cork pour former le groupe légendaire Taste (ici en concert à l’île de Wight en 1970, wow, ça ne nous rajeunit pas !).

Ballyshannon et la ville de Cork ont su rendre hommage à Rory en érigeant, l’une et l’autre, une sculpture en son honneur. Chaque année, Ballyshannon accueille les fans de Rory qui viennent du monde entier pour assister à un festival international, le Rory Gallagher International Tribute Festival.

Si vous n’êtes pas encore initié(e) à la musique de Rory Gallagher, permettez-moi de suggérer un point de départ : l’album Irish Tour ’74. C’est le premier album de Rory que j’ai acheté et il reste mon préféré. Ne soyez pas surpris si l’écoute du premier morceau, Cradle Rock,vous bouleverse du tout au tout. Vous oreilles vous en diront des nouvelles !

Le grand Phil (Lynott)

A la tête de Thin Lizzy, groupe de rock irlandais légendaire, il y avait Phil Lynott. Phil est la rock star ultime.

Né en 1948, à West Bromwich en Angleterre, d’une mère irlandaise (Philomena Lynott), il part habiter en Irlande à l’âge de quatre ans, et grandit à Crumlin, dans la banlieue de Dublin, élevé par sa grand-mère Sarah Lynott. C’est à partir de ce moment-là que Phil devient inextricablement lié à la ville de Dublin.

C’est à Dublin que Lynott forme Thin Lizzy en 1969. Jusqu’à son décès tragique en 1986, Thin Lizzy compta parmi les groupes de rock les plus dynamiques de la planète. Leurs albums se vendirent par millions et donnèrent instantanément naissance à certains morceaux classiques comme Dancing In The Moonlight, The Boys Are Back in Town et Cowboy Song.

Thin Lizzy connut son plus grand moment avec la sortie de leur album Jailbreak en 1976. Phil a aussi complètement revisité ses influences irlandaises, et sa version de Whiskey in the Jar est tout simplement révolutionnaire.

Le groupe fut la vedette du tout premier concert à Slane Castle en 1981, avec nul autre qu’un certain groupe appelé… U2 en première partie.

A Harry Street (tout près de Grafton Street et devant le Bruxelles Bar) se dresse la statue emblématique de ce rocker pur et dur. Arborant son inimitable tenue rock et sa guitare, la statue de Phil Lynott (désormais l’une des pauses-photos obligatoires à Dublin) donne même du fil à retordre à l’autre pause-photos obligatoire à Dublin, qui est celle de la glorieuse Molly Malone !

En Irlande, les titans du rock sont chacun le produit de leur ville. La beauté émouvante et lyrique de Belfast nous a donné Van Morrison ; Cork, sauvage et rebelle, a donné naissance à Rory Gallagher, notre héros de la guitare ; et Dublin, ultra cool et urbaine, a engendré Phil Lynott. Tous sont de purs rockeurs, et de grands musiciens.

Et vous, vous en pensez quoi ? Le rock est fini ? Ou à votre avis, la relève est assurée ?

Jonny Lucey

A venir prochainement : Rock irlandais – partie 2, avec : Bono, The Edge, Sinead O’Connor, Gary Moore et Bob Geldof !


A propos de l'auteur

Ayant grandi au bord de la mer à Portmarnock, dans les faubourgs de Dublin, et passé son adolescence dans une ferme au fin fond de comté de Cork, Jonny Lucey est un peu l'Irlandais typique. Amateur des joies simples, il adore siroter une bonne pinte de stout avec ses amis autour du feu dans un pub, un bon livre (fantasy et histoire principalement) et balancer des riffs bien énervés sur sa guitare électrique.

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