J'ai certainement entrepris l'ascension du mont Croagh Patrick, dans le comté de Mayo, par curiosité plus que par conviction. Ayant vécu à Dublin, dans un environnement où la religion n'était pas particulièrement présente, je voulais comprendre comment le catholicisme exerçait une si grande influence. Le défi physique était aussi pour quelque chose dans cette attirance. Après tout, un pèlerinage est censé être laborieux. Plus dur est le voyage, plus grande est la démonstration spirituelle, comme on dit.
Tout ça est bien joli, mais rares sont ceux qui sont prêts à faire l'effort, ou à croire que leur âme est suffisamment en péril pour justifier un mois (ou même deux) sans travailler. Même la tentative de Bill Bryson sur le sentier des Appalaches lui a pris des semaines, et encore, il n'a couvert qu'un tiers du parcours !
Mais l'itinéraire du Tochár Phádraig Pilgrim Walk ne compte que 35 km, de l'abbaye de Ballintubber jusqu'au pied du mont Croagh Patrick. Si c'est encore trop, sachez que vous pouvez gravir Croagh Patrick en quelques heures.
Une expérience collective
La dimension religieuse du mont Croagh Patrick est puissante – si bien que je me suis d'abord sentie comme une intruse païenne. Mais si le pèlerinage débute par une démarche personnelle, il s'achève de manière collective. L'expérience naît des gens rencontrés en chemin. Lorsque je suis partie, je ne pensais qu'à l'effort à venir. Mais lentement, on monte, on discute, on trébuche. Des mains vous rattrapent, sur votre passage les gens vous font un signe de tête et vous adressent un petit mot gentil. Puis – comme une bénédiction – le soleil apparaît et quelqu'un se retourne haletant. Soudain, dans un silence émerveillé, vous partagez avec des inconnus la vue époustouflante sur la baie de Clew.
Au moment où vous atteignez le sommet, vous vous sentez lié, non seulement aux gens autour de vous, mais à tous ces autres qui, au fil des siècles, se sont tenus à l'endroit même où vous vous trouvez aujourd'hui. C'est une sensation grisante qui vous transforme.
Comment Croagh Patrick m'a changé? J'avoue que je me suis sentie plus ouverte, comblée et, bizarrement, en paix.